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Réunissant des CRAJEP et de mouvements nationaux d’associations de jeunesse et d’éducation populaire membres du réseau, cette semaine de rencontres avait pour objectif de mieux comprendre les dynamiques de prolifération des idées des extrêmes droites, d’identifier des pratiques inspirantes et de renforcer les capacités d’action de notre secteur.
La semaine s’est ouverte par l’accueil de la délégation par le Conseil fédéral allemand de la jeunesse (DBJR), homologue du Cnajep
Cette première journée a permis de poser les objectifs de la mobilité : enrichir les ressources du chantier LIED, identifier des outils transférables au contexte français et renforcer les coopérations européennes sur ces questions.
À Potsdam, les participant·es ont rencontré l’alliance citoyenne « Potsdam bekennt Farbe », créée il y a vingt-cinq ans pour faire face à l’émergence de mouvements nationalistes dans la ville.
Cette coalition rassemble aujourd’hui de nombreux acteurs locaux, parmi lesquels des associations, des institutions et le mouvement « Omas gegen Rechts » (« Les grands-mères contre la droite »). Son ambition est de promouvoir une société ouverte et inclusive où chacun et chacune trouve sa place.
Les échanges ont mis en lumière plusieurs leviers d’action : l’ancrage territorial, le travail direct avec les habitant·es, la place accordée aux personnes concernées par les discriminations ou encore l’importance d’agir sur les peurs et les représentations plutôt que de limiter les débats à la question migratoire.
La visite du Conseil régional de la jeunesse du Brandebourg (LJR Brandenburg) a permis de découvrir le rôle central des organisations de jeunesse dans les politiques publiques régionales.
Cette structure agit comme interlocuteur des pouvoirs publics sur les questions de jeunesse et comme organisation parapluie. Elle redistribue également des financements publics aux associations de jeunesse. Parmi les sujets abordés figurait le droit de vote à 16 ans, obtenu dans le Land de Brandebourg. Les échanges ont porté sur la place des jeunes dans les processus démocratiques et sur les moyens développés pour favoriser leur participation politique.
Le Conseil a également présenté plusieurs programmes d’éducation politique destinés aux jeunes de 14 à 25 ans. Ces dispositifs privilégient les approches participatives, l’ancrage dans l’histoire locale et le développement de l’esprit critique, à travers par exemple la médiation historique.
La troisième journée a permis d’élargir la réflexion à des formes d’extrême droite. L’association des jeunes Alévi d’Allemagne et son projet FaTRex ont présenté leur travail sur l’extrémisme de droite turc. Les échanges ont porté sur les symboles, les récits et les réseaux de cette mouvance ainsi que sur ses conséquences pour différentes minorités.
Les échanges avec les Jeunes Amis de la Nature (Naturfreundejugend) ont permis d’explorer les liens entre écologie et extrême droite. L’organisation développe un programme consacré à l’analyse des discours des extrêmes droites sur les questions environnementales. Ce travail vise notamment à décrypter les tentatives de récupération des enjeux écologiques à des fins nationalistes ou xénophobes.
Cette approche a suscité de nombreux échanges avec les réalités françaises, notamment autour de la stigmatisation des mouvements écologistes et des discours opposant transition écologique et justice sociale.
La rencontre avec la coalition Zusammen für Demokratie (« Ensemble pour la démocratie ») a constitué un autre temps fort de la mobilité. Créée en 2024, cette organisation rassemble aujourd’hui près de quatre-vingt-dix structures issues d’horizons très divers : syndicats, organisations religieuses, associations environnementales, mouvements LGBTQIA+, structures d’éducation et organisations de jeunesse.
Son objectif est de coordonner les réponses de la société civile face aux menaces pesant sur la démocratie et de soutenir les acteurs locaux confrontés à la progression des extrêmes droites. Cette rencontre illustre une mobilisation collective composée de divers secteurs des corps intermédiaires.
La formation s’est achevée par plusieurs temps consacrés à l’histoire du nazisme et à la mémoire des crimes commis sous le régime national-socialiste. La visite de la Topographie de la Terreur a donné lieu à des échanges approfondis sur la manière dont l’histoire est mobilisée dans l’éducation démocratique allemande. La délégation a découvert les dispositifs pédagogiques destinés aux jeunes, aux enseignant·es ou encore aux forces de police.
Les discussions ont interrogé la place du travail de mémoire dans la prévention des idéologies autoritaires aujourd’hui. Elles ont également souligné l’importance de relier les enseignements historiques aux réalités contemporaines vécues par les jeunes afin de rendre ces questions concrètes et accessibles.
Au terme de cette semaine, plusieurs enseignements ont été identifiés par le groupe. Les participant·es ont souligné l’importance des coalitions locales, de l’ancrage territorial des actions, du travail sur les récits et les mots utilisés dans l’espace public ainsi que de la transmission de repères historiques solides.
Ils et elles ont également relevé l’intérêt de développer davantage d’outils d’éducation populaire permettant de comprendre les mécanismes de diffusion des idées des extrêmes droites, de renforcer les capacités d’argumentation des acteurs associatifs et de soutenir les mobilisations collectives. Cette mobilité nourrit désormais les travaux du chantier LIED et contribuera à l’élaboration de nouvelles ressources à destination du réseau.
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