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À l’occasion de la plénière du Conseil d’Orientation des politiques de Jeunesse (COJ), le 6 octobre 2026, consacrée notamment aux mobilisations lycéennes et étudiantes, le Cnajep a porté, devant la ministre Marina Ferrari et la présidente de l’Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet, plusieurs messages essentiels sur la place des jeunes dans la construction des politiques publiques qui les concernent.
Intervention de Sarah Biche, co-présidente du Cnajep
« Je voudrais d’abord, au nom du Cnajep, redire notre soutien aux lycéennes et aux lycéens qui se mobilisent aujourd’hui partout en France, face à des réalités très concrètes : des classes surchargées, des personnels absents, des bâtiments dégradés, des conditions qui se détériorent, mais aussi une anxiété croissante et légitime face à leur orientation et à leur avenir.
Et face à cette mobilisation, nous ne pouvons pas accepter que la réponse soit la répression, les violences, mais aussi l’infantilisation et la disqualification de la parole des jeunes. On entend encore que ces lycéennes et ces lycéens seraient manipulés, qu’ils ne comprendraient pas les enjeux ou qu’ils n’exprimeraient pas leurs revendications de la bonne manière, dire cela c’est leur dénier leur capacité à penser, à s’organiser et à agir politiquement. Et il y a là un paradoxe saisissant, on reproche régulièrement aux jeunes de ne pas s’engager, mais lorsqu’ils s’engagent, s’organisent et contestent, leur parole devient soudain illégitime. Pourtant, la liberté d’expression et le droit de manifester appartiennent aussi aux jeunes.
Et soyons très clairs, la seule mesure phare face à cette mobilisation doit être une réponse immédiate aux revendications qu’ils et elles portent. L’apaisement ne viendra ni de la répression, ni de l’essoufflement du mouvement, il passera par des réponses concrètes permettant à toutes et tous d’étudier dans des conditions dignes.
Une fois ce cadre posé, cette mobilisation doit aussi interroger les décideurs sur la manière dont sont construites les politiques jeunesses. Nous ne devrions pas avoir à attendre que des décisions soient prises sans nous, que nos conditions de vie se dégradent, puis à devoir se mobiliser pour être enfin entendus. C’est pourquoi le Cnajep demande la mise en place d’un véritable dialogue structuré national sur les politiques de jeunesse, articulé avec la mise en œuvre effective du dialogue structuré territorial déjà prévu par la loi Égalité et Citoyenneté de 2017, mais peu appliqué alors même que les régions sont chef de fil des politiques jeunesse.
Quand on parle d’un dialogue structuré, on ne parle pas d’un espace supplémentaire de consultation, nous parlons d’un processus de participation qui aille chercher les jeunesses dans la diversité de leurs situations, construise avec elles des propositions, avec plusieurs critères un véritable pilotage, un calendrier politique, un attendu définitif et un devoir de redevabilité. Car les pouvoirs publics ne peuvent pas prétendre nous écouter sans rendre compte des décisions prises et des suites données à nos participations.
Il ne s’agit évidemment pas d’opposer dialogue et mobilisation, le droit de contester et de manifester doit être pleinement garanti, mais les jeunesses doivent aussi pouvoir peser sur les décisions avant d’avoir à descendre dans la rue pour être entendus.
C’est cela que nous demandons, des réponses aux jeunes mobilisés aujourd’hui et, durablement, des politiques de jeunesse transversales vraiment construites avec les jeunes. Ça tombe bien car nous avons construit ici même au COJ de nombreuses recommandations en ce sens qu’il s’agirait d’appliquer. »
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