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1er juillet 2026
Un collectif issu du monde associatif souligne l’importance majeure de la loi de 1901 sur la liberté d’association, qui fête ses 125 ans. Lancée officiellement le 4 juin, la campagne « La France qui (se) bat » vise justement à célébrer le rôle essentiel de ces espaces de cohésion sociale et de démocratie.
« L’association, c’est l’acte libre par lequel des hommes [et des femmes] se réunissent pour poursuivre un but commun. » Lorsque Pierre Waldeck-Rousseau prononçait ces mots le 22 juin 1900 devant la Chambre des députés, sans doute n’imaginait-il pas l’ampleur qu’allait prendre, 125 ans plus tard, le monde associatif en France.
Depuis 1901, la France a développé un modèle unique au monde : une société dans laquelle des millions de personnes s’organisent librement, sans recherche de profit, pour accomplir des missions d’intérêt général complémentaires à celles menées par l’État. Ce modèle a résisté à deux guerres mondiales, à des crises économiques, à la montée de l’individualisme, à la révolution numérique.
C’est aussi grâce à ce cadre associatif que s’est développé le sport populaire, qu’ont été lancées des initiatives favorisant l’éducation pour tous, le soin aux plus fragiles chez nous et ailleurs dans le monde et la protection de nos écosystèmes. Les associations ont ainsi souvent précédé la loi, inventé de nouvelles politiques publiques, expérimenté là où les institutions hésitaient, fait progresser notre modèle de société.
Les associations sont présentes dans tous les territoires et à tous les moments de la vie. Elles nous ouvrent au monde, nous soutiennent, nous relient. Elles appartiennent à chacun de nous, font vivre les solidarités et sont essentielles à la cohésion sociale de notre pays.
C’est le sens de la campagne « La France qui (se) bat » qu’ont initiée plusieurs acteurs majeurs du secteur des fondations et associations, unis autour d’une même conviction : le pouvoir des citoyens à s’organiser librement reste l’une des formes les plus précieuses de la démocratie. Et une société qui ne favorise pas l’engagement et la vie civique s’appauvrit. Cette capacité a besoin d’être vue, nommée, soutenue, par l’ensemble de la société, par chacune et chacun d’entre nous.
Rejoindre ce mouvement, c’est choisir de voir. De voir l’association sportive ou culturelle qui fait tenir un quartier. De constater au quotidien l’engagement de ces bénévoles auprès des personnes dans le besoin, des malades, des personnes en situation de handicap. De saluer le soutien d’une fondation pour un projet dans lequel personne d’autre ne veut s’aventurer.
Ce sont ces initiatives, la France qui (se) bat. Pas une métaphore ou une idée théorique. Une réalité bien concrète, quotidienne, silencieuse, essentielle.
Notre pays compte aujourd’hui 1,6 million d’associations actives, qui fédèrent près de 13 millions de bénévoles et emploient 1,8 million de salariés, soit plus que les secteurs du transport ou de la construction.
Et l’importance de leur action est reconnue et plébiscitée par une grande majorité de Français : 76 % des Français estiment que les responsables associatifs contribuent à rassembler le pays. Un Français sur deux participe au monde associatif, en tant que bénévole, donateur ou membre/participant. Dans un pays où la défiance envers les institutions ne cesse de s’aggraver, cette confiance représente un véritable trésor.
Pourtant, ce tissu vivant traverse une crise profonde. Sur le plan financier d’abord : 31 % des associations employeuses disposent aujourd’hui d’une trésorerie inférieure à trois mois, et 60 % n’ont aucune visibilité budgétaire au-delà d’un an. Une fragilité que la chute continue des subventions publiques aggrave : leur part dans les ressources des associations a reculé de 41 % entre 2005 et 2020.
L’engagement lui-même se transforme. Alors que le taux de bénévolat associatif recule chez les plus de 65 ans, il explose chez les jeunes : il a progressé de 44 % en 15 ans chez les 15-34 ans. Une bonne nouvelle ? Assurément ! Et c’est aussi un défi complémentaire à relever pour les associations, qui doivent réinventer leurs modèles et adapter leur fonctionnement aux formes d’engagement des nouvelles générations.
Face à ces défis, ce modèle unique demeure fragile, comme tout être vivant. Non parce que l’envie d’agir manque, mais parce que la reconnaissance ne suit pas. On célèbre les associations les soirs de catastrophe. On leur demande d’aider la population les matins de crise. Et on oublie, entre les deux, de leur donner les moyens d’agir.
Le monde des associations et des fondations est conscient de son rôle et de ses responsabilités pour préserver notre modèle de société. Le soutien des pouvoirs publics à ces acteurs essentiels à la cohésion sociale doit devenir une priorité durable. À l’approche des échéances électorales de 2027, qui saura prendre en compte le rôle que jouent ces acteurs ? Qui saura porter un vrai projet pour le secteur ?
125 ans après Waldeck-Rousseau, la loi de 1901 n’a pas besoin d’être réformée. Elle a besoin d’être honorée. Par des actes politiques. Par l’engagement de chacune et chacun d’entre nous.
Signataires : Philippe Pailliart, président de France Générosité ; Mickaël Huet, délégué général du Mouvement Associatif ; Axelle Davezac, directrice générale de la Fondation de France ; Isabelle Giordano, déléguée générale de la Fondation BNP Paribas ; Benoît Mounier, directeur général de la Fondation Daniel et Nina Carasso ; Claire Dognin, déléguée générale de la Fondation Caritas France ; Elsa Bouneau, directrice de la Fondation petits frères des Pauvres ; Christophe Salmon, délégué général de Fondation Crédit Mutuel Alliance Fédérale ; Manuelle Pinto, déléguée Générale d’Elisfa ; David Cluzeau, délégué général Hexopée ; Daniel Goldberg, président de l’Union nationale interfédérale des œuvres et organismes privés non lucratifs sanitaires et sociaux (Uniopss) ; Amélie Oudéa-Castéra, présidente du Comité national olympique et sportif français (CNOSF) ; Olivier Bruyeron, président de Coordination Sud ; Jean-Baptiste Clérico, coprésident du Comité pour les relations nationales et internationales des associations de jeunesse et d’éducation populaire (Cnajep) ; Jean-François Julliard, délégué général du mouvement France nature environnement (FNE) ; Marie-Claire Martel, présidente de la Coordination des fédérations et associations de culture et de communication (Cofac).
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