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«Des élections locales aux élections européennes : pour une lecture plus nuancée de la participation des jeunes »

 

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Les élections intermédiaires de 2014 et 2015, traditionnellement peu mobilisatrices, ont été pourtant le théâtre d’une hausse de la participation électorale des jeunes aux scrutins locaux. Epiphénomène ou rupture d’ une tendance générale à l’abstention depuis 30 ans ? Le dernier numéro du bulletin de l’INJEP, Jeunesses : études et sythèses apporte des éléments de réponse. 


Non seulement l’écart de participation électorale entre les jeunes et les autres catégories d’âge tend à diminuer, mais la participation des 18-24 ans aux scrutins municipaux et départementaux augmente par rapport aux dernières élections. Temps d’arrêt dans ce mouvement continu à la baisse de la participation électorale des jeunes depuis 30 ans, ou retournement de tendance ? Rédigé par Laurent Lardeux, chargé d’études et de recherche à l’INJEP, le dernier numéro de Jeunesses : études et synthèses, le bulletin de l’INJEP, analyse ce phénomène à la  lumière de différents sondages sortis des urnes et de l’étude réalisée en 2014 par l’Association nationale des conseils d’enfants et de jeunes (ANACEJ), incitant néanmoins à la prudence sur le sens à accorder à ces chiffres. 

D’abord, l’auteur relève que seules les élections locales ont profité de cette embellie : les moins de 24 ans boudant les scrutins européens sont toujours plus nombreux, avec un taux d’abstention qui frise désormais la barre des 75 %. Par ailleurs, pour incontestable que soit la hausse de la participation des jeunes aux dernières élections municipales (+6 %), celle-ci n’explique pas à elle seule le resserrement de l’abstention entre jeunes et le reste de la population. Laurent Lardeux met en effet ces résultats en regard de la baisse de 11 points de la participation des 35-49 ans et des 50-64 ans aux élections municipales de 2004, par rapport à 2008.
Enfin, s’agissant des scrutins départementaux, la hausse de 5% de la participation électorale des 18-24 ans suit la courbe de la participation de l’ensemble du corps électoral (+6 %), note Laurent Lardeux qui émet l’hypothèse d’un effet bénéfique des rénovations apportées à ces scrutins, avec l’introduction du principe binominal majoritaire, l’obligation d’une parité parfaite et le renouvellement complet de l’ensemble des conseillers départementaux.

Cherchant à rendre compte plus finement du profil sociologique de l’abstentionniste, ce dernier numéro de Jeunesses : études et synthèses, relève également des différences entre zones rurales et urbaines, puisque les villes de moins de 10 000 habitants présentent des scores supérieurs de 5% à la moyenne nationale.  Les grands ensembles et les villes populaires tirent pour leur part le taux de participation des jeunes vers le bas, suivant la courbe de démobilisation de l’électorat de gauche dans des territoires considérés jusqu’alors comme des bastions.

 
Cnajep