Share |


Revenu contractualisé d’autonomie pour les jeunes - Aux grands maux les petits remèdes ?

 

Prises de position
Archives 2011

Face à la dégradation continue de la situation des jeunes générations, le Gouvernement se contente de répondre par la mise en place d’un « revenu contractualisé d’autonomie », dont les modalités d’application viennent d’être précisées dans un décret d'application publié ce mardi.

Cette expérimentation sonne comme un aveu d’échec patent, et attendu, pour le « RSA Jeunes », qui était pourtant présenté comme l’une des mesures phares du plan « Agir pour la jeunesse ».

Une mesure cosmétique
Ce revenu contractualisé sera expérimenté auprès de 5 500 jeunes en difficulté d’insertion, qui devront en contrepartie s’engager dans un parcours vers l’emploi. 20 millions d’euros seront alloués au financement de cette expérience, pour des revenus dégressifs allant de 250€ à 60€ mensuels. Difficile de se satisfaire de telles ambitions au rabais, dont on sait par avance qu’elles échoueront à répondre aux attentes et aux besoins exprimés par les jeunes. Nous préconisons par conséquent une refonte en profondeur des mécanismes d’aide existants (aides au logement, avantages fiscaux, prestations familiales) afin de proposer une couverture sociale qui permette de sécuriser le parcours des jeunes.

Les jeunes : des sujets de seconde zone ?
Il y a fort à parier que cette expérimentation sera à ranger dans la longue liste des dispositifs ponctuels et ciblés proposés aux jeunes. Dispositifs qui, au lieu de combler les inégalités existantes, ont eu pour effet de les creuser et d’enfermer les jeunes dans la précarité et la relégation sociale.

Il est donc grand temps de rénover le contrat social et d’afficher une ambition à même de renforcer le lien de confiance entre la société et sa jeunesse. Cela nécessite de promouvoir l’accès des jeunes au droit commun et de reconnaître les jeunes comme des citoyens à part entière.

Cnajep