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Un an après les déclarations du Chef de l’Etat, il est temps d’agir pour la jeunesse !

 

Prises de position
Archives 2010

Le 29 septembre 2009, le Président de la République présentait les grandes lignes de son plan « Agir pour la jeunesse ». Aujourd'hui, force est de constater que les ambitions initiales tardent à se traduire en actes.

Génération sacrifiée ?

La situation des jeunes générations est plus que jamais critique. Aux difficultés structurelles en matière de formation, d’emploi, de logement, d’autonomie financière, etc., sont venus se greffer les effets de la crise économique et sociale, qui a aggravé les phénomènes de paupérisation, de précarisation et d’exclusion des jeunes. Cette fragilité est accentuée par la réforme des services publics et par la mise en cause des mécanismes de solidarité et de protection sociale, qui assombrissent un peu plus l’horizon des jeunes générations.

Des ambitions, mais peu de moyens !

De la feuille de route tracée par le Chef de l’Etat émergeaient deux ambitions majeures : apporter une réponse globale aux jeunes, et mobiliser des moyens financiers à la hauteur des défis à relever. Nous ne pouvons aujourd’hui que mesurer le chemin à parcourir pour honorer ces deux engagements. L’interministérialité du pilotage des politiques jeunesse reste à construire, afin de rompre avec le cloisonnement existant et d’articuler au mieux l’ensemble des mesures prises en faveur des jeunes. Quant aux crédits susceptibles d’être débloqués, nous ne pouvons qu’être inquiets à l’heure du plan de redressement des finances publiques et de la fragilisation financière des collectivités territoriales.

RSA Jeunes et Service civique : des cache-misère ?

es 2 mesures-phares mises en œuvre par le gouvernement, le RSA jeunes et le service civique, soulèvent un certain nombre de questions. Les conditions d’extension du RSA aux moins de 25 ans sont inadaptées à la réalité de la situation des jeunes et de leurs besoins, et n’auront qu’un faible impact sur leur parcours vers l’autonomie. Quant au service civique, de nécessaires garde-fous restent encore à construire afin d’éviter les dérives vers du sous-emploi déguisé.

Les expérimentations ne font pas une politique !

Les quelques expérimentations mises en place par le ministère de la jeunesse ne sauraient constituer à elles seules la réponse aux défis multiples rencontrés par les jeunes. Cette méthode expérimentale, outre qu’elle se développe au détriment de politiques plus structurelles en faveur des jeunes, ne règle pas la question des possibilités et des modalités de généralisation des expériences qui auront fait la preuve de leur efficacité. Et ce n’est pas l’opacité entourant le lancement des nouveaux « laboratoires territoriaux pour la jeunesse » qui permettra de lever ces incertitudes. On peut également s'interroger sur la manière dont sont mobilisés l'expertise et les savoir-faire de nos associations dans le cadre de ces expérimentations.

Nous appelons donc le Gouvernement à se donner les moyens de ses ambitions et à réellement « agir pour la jeunesse » !

Cnajep