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Après le vote du Service civique, le temps d'une nouvelle politique jeunesse ?

 

Prises de position
Archives 2010

Jeudi 1er mars, les parlementaires ont adopté la proposition de loi sur le service civique. Ce vote est l’aboutissement de plusieurs mois de discussions au cours desquelles le Cnajep a soutenu avec force la mise en œuvre d’un service civique mobilisateur et porteur de sens

Le vote des parlementaires marque une étape importante dans la reconnaissance des jeunes et du rôle qu’ils jouent dans la société. Le service civique est un symbole fort qui rappelle qu'à côté de l'école et de la famille, d'autres espaces permettent de se construire et de devenir autonomes. Les milliers de militants et salariés de nos mouvements de jeunesse et d'éducation populaire agissent chaque jour dans ce sens. Le dispositif adopté appelle toutefois un certain nombre de réserves :

  • Le nouveau service civique est un dispositif d’Etat, et exclut toute possibilité d’engagement volontaire des jeunes de moins de 25 ans hors du cadre du service national et de « grandes causes » définies par l’Etat.
  • La nouvelle loi marque une régression pour le monde associatif, avec la disparition du volontariat associatif au nom d’un souci de clarification et de simplification contestable. Cette disparition d’une loi faite en 2006 avec et pour le monde associatif ne peut qu’interpeller au lendemain de la Conférence de la vie associative.
  • Les moyens débloqués pour mettre en place le service civique seront conséquents. Peut-on pourtant se satisfaire d’une indemnisation inférieure à celle prévue dans le service civil volontaire risquant de constituer une entrave à la démocratisation et à la mixité souhaitées ? Peut-on se satisfaire de moyens en baisse pour les structures d’accueil et leur capacité d’accompagnement et de formation des jeunes volontaires, ouvrant ainsi la possibilité de dérives vers du sous-emploi déguisé ?

Surtout, le service civique ne saurait incarner à lui seul la réponse aux attentes de jeunes confrontés à des difficultés structurelles dans leur insertion socio-économique, accès à l’emploi, au logement, à la santé, etc… Une politique jeunesse transversale doit voir le jour, et des outils pérennes et structurants être mis en place afin de garantir la continuité et l’efficacité des politiques de jeunesse. C’est le défi que nous posons aujourd’hui à l’Etat.



Cnajep