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Livre vert sur les politiques jeunesse : a moitié vide ou à moitié plein ?

 

Prises de position
Archives 2009

Ne pas en rester là. Tel est le sentiment général qui ressort de la dernière réunion de la commission de concertation sur les politiques Jeunesse, dont les travaux ont permis d'accoucher d'un Livre Vert rendu public ce jour. Si plusieurs avancées notables sont à souligner, le CNAJEP souhaite exprimer ses réserves et ses interrogations sur la mise en oeuvre qui sera faite des propositions formulées.

La commission de concertation sur les politiques jeunesse a permis de fixer un cadre de travail collectif et de poser des jalons importants pouvant servir de socle à l'édification d'une politique jeunesse transversale. C'est ainsi le cas de la réactivation annoncée du Conseil Interministériel de la jeunesse ou de l'élaboration d'une loi d'orientation sur la jeunesse.

Le Livre Vert décline une série de propositions qui balaient la plupart des défis rencontrés par les jeunes (formation, orientation, emploi, ressources, logement). Si certaines d'entre elles mériteraient d'être rediscutées et clarifiées, ces propositions semblent globalement à même de poser les bases d'une orientation nouvelle pour une politique jeunesse globale. Sur les questions de citoyenneté et d'engagement, notamment, trois évolutions majeures ont émergé :

  • La mise en place d'un service civique volontaire devant toucher 70 000 jeunes d'ici 2015.
  • L'amélioration des modes de représentation des jeunes, avec notamment la réforme de l'actuel Conseil National de la Jeunesse et le renforcement de la participation des jeunes au sein du Conseil Economique, Social et Environnemental (CESE) et des CESE régionaux.
  • La promotion de l'engagement, à travers la valorisation du bénévolat et le soutien à la vie associative pour développer l'accompagnement des jeunes et de leurs projets.
Ces avancées ne sont pas à minorer. Elles doivent au contraire être saluées, reconnues et mises en mouvement.

De là à dire que ce Livre Vert va modifier en profondeur la situation des jeunes en France, il n'y a qu'un pas que nous ne saurions franchir sans un certain nombre de clarifications et de garanties que le Gouvernement doit à présent apporter :
  • Quels moyens seront débloqués ? Quelle part assumera l'Etat, et corrélativement quelles compétences envisage-t-il de transférer aux collectivités ? Quels partenariats seront noués avec les acteurs agissant dans le champ des politiques jeunesse, et notamment avec les associations dont le tissu est actuellement fragilisé par le désengagement de la puissance publique ? Ces questions doivent trouver rapidement une réponse si l'on ne veut pas que ce Livre Vert, à l'instar de tant d'autres rapports de par le passé, ne reste lettre morte.
     
  • Le Livre Vert se fixait comme ambition de porter une vision transversale des politiques jeunesse. Pourtant, ce Livre Vert fait l'impasse sur des enjeux aussi essentiels et quotidiens que le temps libre, la culture, les loisirs. Comment ces questions seront-elles traitées ? Pourront-elles être prises en compte au moment de l'élaboration de la loi d'orientation sur la jeunesse ?
     
  • Ce Livre Vert va-t-il impulser une vision renouvelée des jeunes et du rôle qu'ils ont à jouer dans la société ? Parviendra-t-il, comme il l'ambitionne, à renverser l'image stigmatisante et criminalisante qui préside encore trop souvent aux politiques en direction de la jeunesse ? Au lendemain de l'adoption par le parlement d'une loi « anti-bandes » résolument « anti-jeunes », la question mérite d'être posée.
S'il dessine les contours d'un projet ambitieux pour les jeunes, le Livre Vert ne doit toutefois pas être considéré comme une fin en soi. Il faut aller plus loin. Plus loin dans les conditions de mise en oeuvre des propositions retenues. Plus loin aussi dans l'analyse des attentes des jeunes et dans les solutions qu'il faut leur proposer. Le CNAJEP et ses membres seront là pour y contribuer.
Cnajep