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Dialogue entre jeunes et police: pour une alternative au « tout sécuritaire »

 

Prises de position
Archives 2009

Le CNAJEP a participé à la table ronde sur le dialogue entre jeunes et forces de l'ordre qui s'est tenue lundi 31 août au ministère de l'intérieur. Si l'intention du Gouvernement est louable, la démarche proposée ne nous paraît pas satisfaisante au regard de l'ampleur et de la complexité du défi qui nous est posé.

L'objectif de cette table ronde était de dresser un état des lieux des relations entre les jeunes et la police, et de dégager des pistes de réflexion susceptibles de répondre aux difficultés rencontrées. Cette démarche nous semblait être l'occasion de rompre avec la démagogie du « tout sécuritaire », et de poursuivre la dynamique du Livre Vert sur les politiques jeunesse, auquel le CNAJEP et ses membres ont largement contribué.

Si cette rencontre s'est déroulée dans un esprit ouvert et constructif, nous nous interrogeons sur la pertinence de l'angle retenu, qui nous paraît trop réducteur. Les difficultés du rapport entre jeunes et forces de l'ordre sont en effet les symptômes d'un malaise plus profond. Un malaise social, économique, éducatif, culturel.

Pour répondre efficacement à cet enjeu, il nous paraît nécessaire d'agir de manière transversale et concertée :

  • La transversalité implique de décloisonner la réflexion au-delà de la seule approche sécuritaire, et de favoriser la complémentarité des politiques publiques en direction des jeunes : éducation, lutte contre les discriminations, accès aux droits, à l'emploi, à la citoyenneté, à la mobilité, à la culture, etc.
  • La concertation suppose quant à elle de travailler avec l'ensemble des acteurs concernés, en premier lieu desquels les populations des quartiers et les jeunes eux-mêmes.


Par ailleurs, la volonté du ministre de l'Intérieur d'« établir un dialogue serein et permanent avec les associations » ne peut manquer de nous interroger à l'heure où les associations de jeunesse et d'éducation populaire se trouvent confrontées à un désengagement sans précédent de l'Etat et à une véritable mise à l'index.

Ces associations jouent pourtant un rôle décisif dans les quartiers. Ecoles de la citoyenneté, promoteurs du dialogue entre les cultures et les générations, espaces de médiation, elles proposent et incarnent une alternative au « tout sécuritaire » : celle de l'éducation et de la prévention, de l'engagement citoyen et solidaire, de l'animation socioculturelle et socioéducative<

Le CNAJEP et ses membres expriment par conséquent leur plus grand scepticisme à l'égard de la démarche engagée par le ministre de l'Intérieur, et souhaitent que des orientations réellement ambitieuses soient proposées afin de restaurer la cohésion sociale dans nos quartiers.

Poursuivez la réflexion le 25 septembre à Lille, lors de la rencontre Agorajep « Jeunesses des quartiers populaires : Agir ensemble dans les quartiers ».

Pour vous inscrire : cnajep(at)cnajep.asso.fr

Cnajep