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Agorajep "Pour une politique ambitieuse et transversale d'éducation populaire"

 

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Un peu plus d’un an après la rencontre organisée à l’occasion du lancement d’« Educ pop en fête », le Cnajep a organisé une rencontre le 26 septembre 2013 "Pour une politique ambitieuse et transversale d'éducation populaire".

Il s'agissait à ce moment-là d'une opération de démonstration et d’expression de la vitalité, de l’actualité, de la modernité et l’utilité de l’Education populaire. Depuis, le CNAJEP a adopté en novembre 2012, une nouvelle motion d’orientation avec entre autres deux ambitions et engagements : ré-investir la problématique de l’éducation populaire et rassembler plus largement.

C'est dans cette perspective que nous avons construit une démarche collective visant à approfondir et consolider nos réflexions sur l’éducation populaire afin d’expliciter son rôle et sa contribution à la transformation et au développement de la société, mais aussi de la positionner dans le champ des politiques publiques et de faire émerger une politique d’éducation populaire. Ce travail collectif a débouché sur une première contribution.

Le texte que nous avons élaboré ne constitue pas en l’état une feuille de route opérationnelle. Il s’agit d’une contribution intermédiaire, qui fixe un cadre général structuré autour de 4 enjeux / leviers d’actions :
- Reconnaître et valoriser l’utilité sociale de l’éducation populaire
- Développer des dynamiques de coopération
- Positionner l’éducation populaire dans le champ des politiques publiques
- Valoriser et accompagner les acteurs

Cette démarche a mobilisé au total 25 de nos organisations membres pendant près d’un an, et le 26 septembre nous étions 150, issus d’associations nationales, territoriales, des Crajep, de collectivités territoriales, et de partenaires avec lesquels nous cheminons notamment le Forum Français de la Jeunesse et l’INJEP, à nous retrouver pour en débattre.

Aussi au regard des perspectives posées dans notre texte et des échanges qui ont nourri la journée, nous pouvons dès à présent identifier un certain nombre de pistes d’actions, qui pourraient constituer autant de jalons sur la voie d’une reconnaissance accrue et d’une promotion de l’éducation populaire.

  • Il y a, pour commencer, un enjeu à construire une représentation collective et partagée de ce qu’est l’éducation populaire et de la manière dont elle concourt à l’émancipation de tous, et notamment des jeunes. Cela renvoie directement à la question de l’utilité de l’éducation populaire et à la co-construction d’indicateurs d’évaluation pertinents. Il y a là matière à lancer un chantier d’envergure.
  • Chantier d’envergure qui pourrait déboucher ou s’articuler avec une campagne de vulgarisation et de promotion de l’éducation populaire auprès du plus grand nombre. Plusieurs pistes à ce propos : mobiliser les médias pour qu’ils soient un relais d’information et de sensibilisation ; intégrer dans le parcours de formation des modules sur la vie associative en général et l’éducation populaire en particulier ; encourager les médias numériques et citoyens, qui s’inscrivent dans une démarche d’éducation populaire.
  • Il y a également un enjeu à identifier et à reconnaître la composante « éducation populaire » pour qu’elle ne soit pas diluée la vie associative, dans l’Economie sociale et solidaire. Dans cette perspective, ne pourrait-on pas envisager de reconnaître la compétence éducation populaire dans le cadre du prochain acte de décentralisation, ou encore décliner la future charte d’engagements réciproques pour le secteur de l’éducation populaire ?
  • En matière de coopération, au-delà de l’avancée que constitue la légalisation de la subvention prévue par la loi ESS, n’y a-t-il pas un enjeu à renforcer la formation des élus et des agents sur la spécificité associative et sur les conditions à créer pour favoriser et reconnaître l’initiative citoyenne ? Ne faudrait-il pas, à l’instar des espaces de gouvernance existants dans d’autres champs, renforcer les mécanismes de dialogue civil avec les organisations d’éducation populaire ?
  • Enfin, l’espace européen nous semble devoir être plus fortement investi. Cela pourrait se traduire par une plus grande prise en compte des enjeux liés à l’éducation populaire dans les politiques européennes, ou encore par l’organisation d’un colloque européen de l’éducation populaire.

Les pistes d’action que nous énonçons peuvent à la fois relever d’une auto saisine des associations, d’une initiative de la puissance publique ou encore d’une démarche de co-construction.

Si nous sommes conscients de la nécessité d’intégrer les contraintes pesant sur la puissance publique, cela ne doit pas nous priver de tendre vers un changement de paradigme. Nous ne demandons pas tant des moyens, qu’une ambition et des perspectives opérationnelles. S’il y a un renouveau à impulser, ce renouveau ne porte pas tant sur l’éducation populaire elle-même, que sur les politiques à même de la promouvoir et de la soutenir.

              

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